Ostéoradionécrose mandibulaire : ce que c’est, comment elle apparaît et comment la thérapie hyperbare aide

Article révisé par : Dr. Sturz Ciprian, Dr. Tîlvescu Cătălin et Dr. Alina Vasile

Ostéoradionécrose mandibulaire : ce que c’est, comment elle apparaît et comment la thérapie hyperbare aide

  1. Qu’est-ce que l’ostéoradionécrose mandibulaire ?
  2. Qui est exposé au risque d’ostéoradionécrose mandibulaire ?
  3. Symptômes de l’ostéoradionécrose mandibulaire et signes d’alerte
  4. Pourquoi l’os ne guérit-il plus seul après la radiothérapie ?
  5. Comment la thérapie hyperbare (HBOT) aide-t-elle dans l’ostéoradionécrose mandibulaire ?
  6. Le protocole de thérapie hyperbare dans l’ostéoradionécrose
  7. Nombre total de séances et suivi
  8. Prévention de l’ostéoradionécrose mandibulaire : comment éviter cette complication ?
  9. Pourquoi l’accès à un centre médical hyperbare spécialisé est-il important ?

Il existe des complications médicales qui n’apparaissent pas immédiatement, mais qui s’installent silencieusement, des mois ou même des années après un traitement qui, à ce moment-là, était destiné à vous sauver la vie. L’ostéoradionécrose mandibulaire en fait partie. C’est une affection grave, souvent invalidante, qui survient chez les patients ayant suivi une radiothérapie pour des cancers de la tête et du cou. L’os de la mandibule, déjà fragilisé par l’irradiation, commence à mourir de l’intérieur, sans pouvoir se régénérer seul.

Ce qui rend cette complication encore plus difficile à gérer est le fait qu’il n’existe pas de traitement miraculeux, rapide et complètement efficace dans toutes les situations. Son traitement exige de la patience, une prise en charge multidisciplinaire et une compréhension profonde des mécanismes biologiques qui ont conduit à cette situation. L’oxygénothérapie hyperbare (HBOT) est apparue, au cours des dernières décennies, comme l’un des outils les plus précieux dont disposent les médecins qui prennent en charge ces patients, non pas comme une alternative à la chirurgie, mais comme son alliée.

Qu’est-ce que l’ostéoradionécrose mandibulaire ?

Pour comprendre ce qu’est l’ostéoradionécrose (abrégée ORN), il faut partir d’un fait simple : tout os vivant a besoin en permanence de sang. Les os ne sont pas des structures statiques et inertes ; ils se renouvellent continuellement grâce à des cellules spécialisées qui construisent et détruisent la matrice osseuse chaque jour de la vie. Si l’apport sanguin est compromis, l’os cesse de fonctionner comme un tissu vivant et devient, en substance, un fragment nécrotique emprisonné à l’intérieur du corps.

L’ostéoradionécrose mandibulaire correspond précisément à cela : la mort progressive de l’os de la mâchoire inférieure comme conséquence directe de la radiothérapie appliquée dans la région de la tête et du cou. L’organisation européenne Orphanet la définit comme une affection caractérisée par l’exposition d’un os irradié qui ne parvient pas à guérir pendant une période d’au moins trois mois, en l’absence de toute tumeur persistante ou récidivante. Autrement dit, l’os est exposé, ne se recouvre pas, ne se répare pas et le processus tend à s’aggraver en l’absence d’intervention.

La mandibule est l’os le plus fréquemment touché. Selon une analyse publiée sur PubMed Central, 95 % des cas d’ostéoradionécrose de la région tête et cou impliquent la mandibule. L’explication est anatomique : la mandibule est moins vascularisée que le maxillaire supérieur, possède un périoste plus fin et est constamment exposée à des microtraumatismes par la simple action de mâcher et de parler. Ajoutez à cela les effets destructeurs des rayonnements ionisants sur les vaisseaux sanguins et vous obtenez un os extrêmement vulnérable.

La définition clinique classique, établie par Robert Marx, le chirurgien maxillo-facial américain qui a posé les basés du protocole de traitement par oxygène hyperbare, décrit l’ORN comme un os exposé qui ne guérit pas pendant au moins trois mois en l’absence de cancer résiduel ou récidivant, chez un patient ayant reçu une radiothérapie. C’est une définition simple, mais qui cache une réalité biologique extrêmement complexe.

Qui est exposé au risque d’ostéoradionécrose mandibulaire ?

La thérapie hyperbare dans les cancers de la tête et du cou devient pertinente surtout comme mesure préventive et thérapeutique pour les complications post-radiothérapie. Les patients les plus à risque sont ceux qui ont reçu une irradiation pour un cancer oropharyngé (cancer de la cavité buccale, des amygdales ou de la base de la langue), un cancer laryngé ou un cancer des glandes salivaires. Ils reçoivent de fortes doses d’irradiation directement dans des zones anatomiques adjacentes à la mandibule, et les petits vaisseaux sanguins de l’os figurent parmi les premières victimes des radiations. Les études indiquent que l’incidence de l’ORN dans les cancers de la tête et du cou se situe entre 2 % et 22 %, selon la dose d’irradiation, la technique utilisée et les facteurs individuels du patient. Avec les techniques modernes d’irradiation conformationnelle et d’IMRT (Intensity Modulated Radiation Therapy), l’incidence est descendue sous 6 %, mais le nombre absolu de patients touchés reste significatif, compte tenu de l’augmentation des taux de survie dans les cancers de la tête et du cou.

Une étude publiée en 2019 dans Radiotherapy and Oncology, basée sur une cohorte de 1 224 patients atteints d’un cancer de la tête et du cou traités par IMRT, a constaté une incidence de 4,6 % de l’ORN mandibulaire, avec un intervalle médian d’apparition de 10,8 mois après la fin de la radiothérapie. En termes concrets : près d’un patient sur 20 développera cette complication au cours de la première année suivant le traitement.

D’autres facteurs de risque importants comprennent :

  • Les extractions dentaires effectuées après la radiothérapie représentent l’un des déclencheurs les plus fréquents. Le traumatisme chirurgical d’une simple extraction peut ouvrir une porte d’entrée à la nécrose osseuse chez un patient irradié.
  • Le tabagisme, une nutrition déficiente, la consommation d’alcool et une mauvaise hygiène orale aggravent considérablement la situation, compromettant encore davantage la capacité déjà réduite de guérison des tissus irradiés.
  • Le diabète sucré s’ajoute à la liste des facteurs de risque par l’altération déjà existante de la microcirculation, un mécanisme qui se superpose aux effets destructeurs des radiations sur les petits vaisseaux de l’os et les amplifie.

La dose totale d’irradiation est un prédicteur essentiel du risque : une dose inférieure à 60 Gy produit rarement une ostéoradionécrose (incidence d’environ 1,8 %), tandis que les doses supérieures à 70 Gy augmentent le risque à 9 %.

Qu’est-ce que l’ostéoradionécrose mandibulaire ?
Symptômes de l’ostéoradionécrose mandibulaire et signes d’alerte

L’ostéoradionécrose ne s’installé pas brusquement, comme une fracture ou une infection aiguë. Elle s’insinue progressivement, souvent confondue au début avec une simple complication postopératoire ou une infection dentaire habituelle. C’est précisément pourquoi la reconnaissance précoce des symptômes est essentielle.

Le premier signe que le patient peut remarquer est une douleur persistante au niveau de la mandibule, qui ne cède pas aux antalgiques habituels et n’a pas de cause dentaire évidente. Cette douleur est souvent sourde, profonde, et peut irradier vers l’oreille ou la gorge. Elle ne disparaît pas après quelques jours ; au contraire, elle tend à s’intensifier avec le temps.

Vient ensuite, souvent, l’exposition osseuse dans la cavité buccale, dans la zone où la gencive ou la muqueuse orale s’amincit et cède, laissant visible un fragment d’os blanchâtre sans couverture muqueuse. C’est l’une des indications cliniques les plus claires de l’ORN. L’os exposé est privé d’irrigation sanguine, vulnérable à l’infection et ne se recouvre pas spontanément. Les patients décrivent souvent la sensation d’un fragment tranchant dans la bouche qui ne disparaît pas.

À cela s’ajoutent des difficultés à mâcher, parler et avaler, des symptômes qui affectent profondément la qualité de vie. Le trismus (blocage de l’ouverture de la bouche dû à la contracture musculaire et à la fibrose induite par l’irradiation) limité sévèrement la mobilité mandibulaire et rend également l’évaluation clinique difficile.

Les infections récurrentes sont un autre signe qui devrait faire lever un drapeau rouge. L’os nécrotique devient un excellent substrat pour les bactéries. Les patients peuvent présenter des fistules extra-orales (orifices anormaux sur la peau du visage ou du cou par lesquels s’écoule du pus) ou des infections du plancher buccal qui récidivent malgré le traitement antibiotique. Parfois apparaît aussi une halitose fétide persistante, impossible à contrôler par une hygiène orale standard, en raison de la nécrose tissulaire active.

À des stades avancés, l’ORN peut provoquer des fractures pathologiques de la mandibule. Il s’agit de fractures qui apparaissent sans traumatisme majeur, simplement parce que l’os n’a plus la résistance mécanique nécessaire à la vie quotidienne. C’est un signe que la maladie a évolué de manière significative et que les options thérapeutiques sont plus limitées et plus complexes.

Pourquoi l’os ne guérit-il plus seul après la radiothérapie ?

C’est peut-être la question la plus importante pour comprendre pourquoi la thérapie hyperbare a du sens dans le traitement de l’ORN. La réponse courte est : parce que la radiothérapie a détruit l’infrastructure biologique nécessaire à la guérison. La réponse longue nécessite un petit détour par la physiologie.

Le corps humain dispose d’un système remarquable d’auto-guérison. Lorsqu’un os se fracture ou s’enflamme, les cellules environnantes déclenchent un processus complexe de réparation. Les vaisseaux sanguins existants se dilatent, de nouveaux capillaires se forment en quelques jours, des cellules souches sont recrutées depuis la circulation, les ostéoblastes (les cellules qui construisent l’os) deviennent actifs et commencent à déposer une nouvelle matrice osseuse. Tout fonctionne en présence d’un élément fondamental à la vie : l’oxygène.

Les rayonnements ionisants utilisés dans le traitement du cancer sont extrêmement efficaces pour détruire les cellules tumorales, mais ils ne sont pas sélectifs. Ils touchent aussi les structures environnantes, y compris la microvascularisation, c’est-à-dire les petits vaisseaux sanguins de l’os. L’effet n’est pas immédiatement visible, mais il est permanent et progressif. Dans les mois et les années qui suivent la radiothérapie, ces vaisseaux se fibrosent, sont détruits et disparaissent. Le résultat est un os chroniquement hypoxique, avec une concentration d’oxygène très inférieure à la normale, insuffisante pour soutenir les processus de régénération.

Robert Marx a décrit ce mécanisme en détail en 1983, définissant l’ORN comme une conséquence de l’hypoxie, de l’hypovascularisation et de l’hypocellularité tissulaire induites par les radiations. Plus récemment, en 2004, Delanian et Lefaix ont complété le modèle en proposant la théorie fibro-atrophique : les radiations activent des fibroblastes anormaux qui produisent une fibrose tissulaire progressive, aggravant encore la privation d’oxygène et de nutriments de l’os.

Concrètement, que se passe-t-il dans l’os ? Les ostéoblastes, cellules responsables de la construction osseuse, deviennent pratiquement non fonctionnels dans des conditions d’hypoxie sévère. Ils nécessitent une concentration minimale d’oxygène pour synthétiser le collagène et minéraliser la matrice osseuse. Sans oxygène suffisant, ils ne travaillent pas. Les ostéoclastes, cellules qui détruisent l’ancien os, continuent à fonctionner, mais le processus de reconstruction ne suit plus. L’équilibre entre dégradation et reconstruction se rompt, au profit de la dégradation.

À cela s’ajoute le fait que le système immunitaire local est lui aussi compromis : les macrophages et les neutrophiles qui devraient combattre les bactéries et nettoyer les fragments de tissu mort ont eux aussi besoin d’oxygène pour fonctionner efficacement. Une étude de référence publiée dans PubMed décrivait déjà en 1975 que l’oxygénothérapie hyperbare avait apporté une amélioration significative chez 14 patients atteints d’ostéonécrose de la mandibule considérée comme intraitable par d’autres méthodes, précisément parce qu’elle avait réoxygéné ces tissus. Le mécanisme biologique est simple. Si vous réintroduisez l’oxygène dans l’équation, les systèmes de guérison peuvent redémarrer.

C’est, en substance, le pont logique et biologique vers la thérapie hyperbare.

Pourquoi l’os ne guérit-il plus seul après la radiothérapie ?
Comment la thérapie hyperbare (HBOT) aide-t-elle dans l’ostéoradionécrose mandibulaire ?

L’oxygénothérapie hyperbare (HBOT) n’est pas un traitement magique et aucune clinique sérieuse ne la présente comme telle. C’est un traitement aux mécanismes biologiques bien documentés, qui agit directement sur les causes fondamentales de l’ORN. Voici comment.

Dans une chambre hyperbare, le patient respire de l’oxygène pur (100 %) à une pression atmosphérique 2 à 3 fois supérieure à la normale. À la Clinique Hyperbarium, cela se fait dans la chambre médicale Haux Starmed 2200 XL, à une pression pouvant atteindre 3 ATA. Dans ces conditions, l’oxygène n’est plus transporté exclusivement par l’hémoglobine des globules rouges ; il se dissout directement dans le plasma sanguin, atteignant des concentrations 10 à 20 fois plus élevées que dans des conditions normales. Cette saturation exceptionnelle lui permet de pénétrer les tissus dont la microcirculation est compromise, là où les globules rouges ne peuvent plus arriver physiquement à cause de la fibrose vasculaire.

Le premier effet, et le plus important, est l’inversion de l’hypoxie tissulaire dans la zone mandibulaire touchée. Les chercheurs ont documenté qu’après un protocole de HBOT, la pression partielle d’oxygène (pO₂) dans les tissus irradiés augmente de niveaux presque anoxiques (moins de 5 mmHg) à des valeurs presque normales (plus de 30 mmHg), suffisantes pour réactiver les processus cellulaires de guérison.

Le deuxième effet majeur est la stimulation de l’angiogenèse, c’est-à-dire la formation de nouveaux vaisseaux sanguins. L’oxygène hyperbare active la libération de facteurs de croissance vasculaires, notamment le VEGF (Vascular Endothelial Growth Factor), et mobilise les cellules progénitrices endothéliales depuis la moelle osseuse. En pratique, la thérapie hyperbare « dit » au corps de reconstruire l’infrastructure vasculaire détruite par les radiations. Une étude publiée dans PMC (PubMed Central) en 2020 documente que le taux de guérison de l’ostéoradionécrose mandibulaire chez les patients traités par oxygène hyperbare approche 94 %. C’est un résultat remarquable pour une affection autrement extrêmement difficile à traiter.

Le troisième effet est la réactivation des ostéoblastes. Une fois que le niveau d’oxygène tissulaire revient à des paramètres fonctionnels, les cellules constructrices de l’os reprennent leur activité. La synthèse du collagène et la minéralisation osseuse redémarrent. Associée à l’intervention chirurgicale, qui retire le tissu mort nécrotique, la HBOT crée les conditions d’une véritable guérison osseuse.

Enfin, la HBOT a un effet antimicrobien direct. Les concentrations élevées d’oxygène sont toxiques pour les bactéries anaérobies (celles qui vivent en l’absence d’oxygène et colonisent fréquemment l’os nécrotique) et potentialisent l’effet des antibiotiques systémiques. Cela explique pourquoi les patients présentant une ORN infectieuse récurrente répondent mieux à l’antibiothérapie lorsque la HBOT est ajoutée au schéma de traitement.

La reconnaissance officielle de la HBOT pour cette indication est explicite et forte. Le Comité européen de médecine hyperbare (ECHM), dans son document de consensus de 2017, recommandé la HBOT dans le traitement de l’ostéoradionécrose mandibulaire avec une recommandation de type 1 et un niveau de preuve B, ce qui signifie que le bénéfice est confirmé par des études cliniques sérieuses et que son utilisation est recommandée comme standard de pratique. Cela place l’ORN mandibulaire parmi les indications de première ligne de la thérapie hyperbare, aux côtés de l’intoxication au monoxyde de carbone.

Une revue systématique publiée en 2024 a montré que la thérapie hyperbare adjuvante apporté de réels bénéfices sur la qualité de vie des patients atteints d’ORN, avec réduction de la douleur, amélioration de la xérostomie et de la dysphagie, même si son effet sur la guérison osseuse reste à l’étude.

Le protocole de thérapie hyperbare dans l’ostéoradionécrose

La thérapie hyperbare dans l’ORN ne s’appliqué pas au hasard. Il existe un protocole bien défini, développé principalement par le chirurgien Robert Marx, devenu la référence mondiale dans le domaine et qui a servi de basé aux recommandations de l’ECHM. Comprendre ce protocole est important aussi bien pour les patients que pour les médecins qui les suivent.

Étape préopératoire : préparer l’os à l’intervention par oxygénothérapie hyperbare

Avant toute intervention chirurgicale sur la mandibule, qu’il s’agisse d’une simple extraction dentaire, d’un débridement (nettoyage de l’os nécrotique) ou d’une résection plus étendue, il est recommandé aux patients atteints d’ORN ou à haut risque d’ORN de suivre 20 à 30 séances de HBOT. Le but de cette étape n’est pas la guérison complète, mais la création d’un environnement tissulaire mieux oxygéné, dans lequel la chirurgie a beaucoup plus de chances de réussir. Un os mieux vascularisé cicatrise plus facilement, et le risque de déhiscence de la plaie ou d’extension de la nécrose postopératoire est considérablement réduit.

Le protocole classique de Marx, décrit en détail dans un article de PMC et confirmé par de multiples études cliniques, prévoit 30 séances préopératoires de HBOT, à une pression de 2,4 ATA, avec 100 % d’oxygène, pendant 90 minutes par séance, cinq jours par semaine. À la Clinique Hyperbarium, chaque séance dure en moyenne 120 minutes, à une pression pouvant atteindre 3 ATA, ce qui s’aligne sur les protocoles internationaux et peut offrir, dans certains cas, une pénétration tissulaire supérieure.

Si après les 30 séances une amélioration significative est constatée (la muqueuse se recouvre, la douleur diminue, il n’y a plus de signes d’infection active), le patient peut poursuivre jusqu’à un total de 60 séances, sans qu’une intervention chirurgicale majeure soit nécessaire. La résolution de l’ORN par HBOT seule ou avec débridement correspond à la situation favorable du stade I du protocole de Marx.

Étape postopératoire : combien de séances de thérapie hyperbare sont nécessaires

Si toutefois l’intervention chirurgicale est nécessaire, soit pour retirer des fragments d’os mort, soit pour une résection mandibulaire avec reconstruction ultérieure, l’oxygénothérapie hyperbare continue également après l’opération. En général, 10 séances postopératoires supplémentaires sont réalisées afin de soutenir la cicatrisation de la plaie chirurgicale et de prévenir les complications infectieuses.

Le protocole de référence 20/10 signifie 20 séances préopératoires suivies de 10 séances postopératoires. Ce schéma est le plus souvent utilisé dans la prévention de l’ORN chez les patients nécessitant des extractions dentaires dans des zones irradiées. Les résultats à long terme sont nettement meilleurs que ceux de la chirurgie sans HBOT. Une étude prospective observationnelle ayant suivi 411 patients pendant 8 ans documente que 92 % des patients du groupe traité avec le protocole mentionné ci-dessus ont obtenu une guérison complète.

Étape préopératoire : préparer l’os à l’intervention par oxygénothérapie hyperbare
Nombre total de séances et suivi

Le nombre total de séances de HBOT dans l’ostéoradionécrose mandibulaire varie généralement entre 30 et 40 séances pour les cas modérés et peut atteindre 60 pour les cas complexes ou lors de la récupération après résection mandibulaire. Il n’existe pas de nombre fixe universel. Le protocole est adapté individuellement, en fonction du stade de la maladie, de la réponse clinique, du type d’intervention chirurgicale associée et de l’état général du patient.

À la Clinique Hyperbarium, chaque patient atteint d’ostéoradionécrose bénéficie d’un plan de traitement personnalisé, établi avant la première séance lors de la consultation médicale initiale. Le médecin hyperbare évalue l’historique oncologique, la dose totale d’irradiation reçue, le stade actuel de l’ORN et les éventuelles comorbidités ; ce n’est qu’après cette évaluation complète qu’il établit le nombre de séances, la pression de travail et les éventuelles thérapies adjuvantes recommandées. Le plan n’est pas rigide : il est révisé périodiquement pendant le traitement, selon l’évolution clinique de chaque patient.

Pendant le traitement, le suivi clinique périodique est essentiel. Le médecin évalue l’évolution de la muqueuse, le degré de cicatrisation, l’absence de signes d’infection et, le cas échéant, les images radiologiques ou de tomodensitométrie afin de vérifier les modifications osseuses. Ce suivi attentif permet d’ajuster le protocole en temps réel. Une séance supplémentaire ou une modification des paramètres de pression peut faire la différence entre une guérison complète et une récidive.

L’équipe Hyperbarium assure également un soutien et un accompagnement tout au long du traitement, depuis l’explication pas à pas de la procédure avant la première séance (pour éliminer l’anxiété liée à l’espace fermé de la chambre hyperbare), jusqu’aux conseils nutritionnels de basé et aux recommandations d’hygiène orale adaptées à l’état du patient. Les patients sont encouragés à signaler tout nouveau symptôme apparu entre les séances, et l’équipe médicale est disponible pour des consultations supplémentaires chaque fois que la situation clinique l’exige.

Un élément important à souligner est que la thérapie hyperbare est bien tolérée par la grande majorité des patients. Les effets indésirables, comme la sensation de pression dans les oreilles (qui s’améliore par de simples manœuvres d’équilibrage, similaires à celles utilisées en avion), une légère fatigue et, extrêmement rarement, une myopie temporaire, sont mineurs et transitoires. Le risque de barotraumatisme ou de toxicité à l’oxygène est négligeable dans le cadre de protocoles médicaux corrects et d’un suivi professionnel assuré au sein de la clinique.

Nombre total de séances et suivi
Prévention de l’ostéoradionécrose mandibulaire : comment éviter cette complication ?

La prévention et le traitement précoce de l’ostéoradionécrose mandibulaire sont devenus plus accessibles grâce aux progrès des techniques d’irradiation. Ainsi, le taux d’apparition de l’ostéoradionécrose mandibulaire a considérablement diminué par rapport aux décennies passées. Néanmoins, la prévention reste le pilier central de la prise en charge de cette affection. Et la thérapie hyperbare joue un rôle important dans la prévention, pas seulement dans le traitement.

Tout patient qui suit ou a suivi une radiothérapie dans la région de la tête et du cou et qui nécessite ensuite des extractions dentaires ou d’autres interventions chirurgicales orales devrait être évalué par un spécialiste en médecine hyperbare avant la procédure. L’administration d’un protocole préopératoire d’oxygénothérapie hyperbare dans ces situations réduit de manière spectaculaire le risque de déclencher une ORN post-extractionnelle. Et c’est l’une des portes d’entrée les plus fréquentes de la maladie.

La consultation dentaire avant la radiothérapie est également d’une importance maximale : extraire les dents compromises avant le début de l’irradiation est beaucoup plus sûr que l’extraction après irradiation. Toujours à l’étape pré-radiothérapie, une hygiène orale méticuleuse, la fluoruration préventive et l’éducation du patient concernant les risques contribuent de manière significative à réduire l’incidence de l’ORN.

Pourquoi l’accès à un centre médical hyperbare spécialisé est-il important ?

Tous les bénéfices de la HBOT décrits dans cet article dépendent de manière critique d’une condition essentielle : le traitement doit être administré dans une chambre médicale certifiée, avec des paramètres corrects (pression minimale de 2,4–3 ATA, oxygène 100 %), par une équipe médicale expérimentée en médecine hyperbare. Toutes les chambres hyperbares disponibles sur le marché ne respectent pas ces standards.

Les chambres hyperbares mHBOT (mild hyperbaric oxygen therapy), souvent disponibles dans des spas ou comme dispositifs à usage personnel, n’atteignent pas les paramètres de pression nécessaires pour traiter l’ostéoradionécrose ou d’autres indications médicales certifiées. À une pression de 1,3–1,5 ATA, la concentration d’oxygène dissous dans le plasma est totalement insuffisante pour produire l’angiogenèse ou la réactivation des ostéoblastes documentées dans les études. Il n’existe pas d’études cliniques validant leur efficacité dans l’ORN ou dans d’autres indications médicales de première ligne.

La Clinique Hyperbarium d’Oradea dispose de la chambre Haux Starmed 2200 XL, un dispositif médical certifié Classe IIB et classe de sécurité A, avec 16 places, qui fonctionne à des pressions allant jusqu’à 3 ATA. L’équipe médicale est dirigée par le Dr Ciprian Sturz, avec plus de 15 ans d’expérience acquise dans des cliniques universitaires en Allemagne telles que Klinikum Nürnberg ou Klinikum Roth. Le protocole appliqué aux patients atteints d’ostéoradionécrose respecte les recommandations de l’ECHM et est intégré avec les équipes de chirurgie maxillo-faciale et d’oncologie pour une gestion complète du cas.

L’ostéoradionécrose mandibulaire est une affection grave, mais elle n’est pas sans espoir de traitement. Plus elle est diagnostiquée tôt, plus l’accès à la thérapie hyperbare est rapide et plus l’équipe médicale est coordonnée, plus les chances de guérison sont élevées. La thérapie hyperbare n’élimine pas la nécessité d’un traitement chirurgical dans les cas avancés, mais elle le rend possible là où il ne le serait pas autrement et, très souvent, elle le rend inutile par le simple fait qu’elle redonne à l’os la capacité que la radiation lui avait volée : celle de guérir seul.